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    La traversée

    • il y a 6 jours
    • 11 min de lecture

    Sous le pseudonyme de Surricate, un de nos lecteurs nous a fait parvenir cette nouvelle...


    Cest avec grand plaisir que nous lui faisons place sur l’Arche !

    Vous aussi, n’hésitez pas à nous écrire, si vous êtes lauteur de récits pouvant intéresser de jeunes lecteurs !


    Texte publié sous licence CC-BY-NC-ND


    par Lina Dūdaitė


    Tout au long de la jetée, qui se terminait par un phare au sud, on pouvait apercevoir le flux des promeneurs. L’élan de la foule aidant, Nicole et ses parents, André et Suzanne, longèrent le bord de mer. Ils passèrent devant glaciers, cafés ou boutiques où les commerçants s’empressaient de sortir seaux, épuisettes, pelles, chiliennes de toile rayée, ballons ou serviettes de plage multicolores, parasols, et tout autre accessoire essentiel à tout vacancier qui aurait malencontreusement oublié le sien. Derrière les vitrines, se vendant plus rarement, des bibelots de toutes sortes s’entassaient et prenaient la poussière : coquillages immenses ou petites reproductions de navire. Mais c’est en entrant dans les boutiques elles-mêmes que l’on pouvait vraiment fouiller. Cartes postales, voiliers en bois, nécessaires de pêche, et même souvenirs des colonies… les boutiques du front de mer sont vraiment des endroits étranges.

    Tenant chacun de ses parents par la main, Nicole était aux anges. Ils riaient, et la faisaient se balancer quand les passants étaient plus dispersés. À un moment, ils descendirent dans le sable. Sa mère l’aida à retirer ses chaussures. Le trio marchait lentement dans le sable, froid en profondeur, mais  réchauffé sur sa croûte par la chaleur du soleil.

    Cet après midi fut le plus beau qu’ils vécurent, mais aussi celui dont l’horreur les terrassera de sanglots, quand ils y repenseront, c’est-à-dire à chaque seconde à compter de ce jour.

    Le petit garçon, là bas, martelant un château de sable, n’y pensait certainement pas… Mais, remontant vers la jetée, Suzanne et André se doutaient peut-être de sa présence. Sagement assise sur le promontoire de la jetée, Nicole finissait sa glace à la vanille. Elle aussi la ressentait. Regardant au loin le soleil se reflétant dans l’océan, elle fit abstraction de ce sentiment : ce 21 mai 1959 était magnifique.

    Elle rejoignit ses parents à la terrasse du Rêveur. André, son père, était trempé de sueur dans son costume gris anthracite. Le visage fermé, il était  pensif. Sa mère, Suzanne, était habillée d’une robe fleurie, trop grande, qui laissait apparaître son corps maigre. Elle sourit en voyant Nicole arriver :

    « Elle était bonne cette glace ? demanda-t-elle.

    — Excellente, il fait vraiment beau. Et merci pour le tour en manège papa !

    - Il esquissa un sourire en coin, qui disparut, s’effaçant au profit d’un regard sombre -.

    Je me demandais, est ce que ce serait possible d’aller au restaurant ce soir, comme on l’avait fait à Noël ?

    — Ça alors, tu n’es pas fatiguée de ta journée ?

    Sa mère ne paraissait pas contrariée ; elle avait l’habitude des caprices de sa fille.

    Je sais que ces vacances, nous les attendions depuis un moment, mais bon, je ne sais pas si on peut se le permettre…

    — Nicole a raison, je trouve. Finissons cette journée en beauté. Après tout, nous en avons les moyens, maintenant que j’ai eu cette promotion. Allez Suzy, il va falloir t’y faire, nous sommes riches maintenant. »

    Suzanne regarda furieusement André, puis fut gênée. Elle n’aimait pas qu’il évoque leur vie privée en public. Elle accorda le restaurant malgré tout. Nicole alla aux toilettes, remarquant que son père commandait un troisième Bourbon sous le regard réprobateur de sa mère. Quand elle revint, ses parents se disputaient. La luminosité baissait et le soleil commençait lentement sa descente dans l’océan. Ils partirent peu de temps après, et longèrent la jetée, contemplant le coucher de soleil. Ses parents se détendirent peu à peu, et la bonne humeur revint. Son père se mit à siffler. 

    La nuit tomba. Ils pouvaient voir le flux doré des voitures qui étaient à l’autre bout de la ville. Le phare également, perçait la nuit de sa lumière. Enfin, les restaurants constellaient la ville d’enseignes aux couleurs vives. À vingt-et-une heure ils allèrent dans un restaurant appelé Le Duc. La décoration était subtile bien que très ancienne et un peu baroque. De grandes tapisseries recouvraient les murs. Ils s’assirent à une lourde table en bois massif à nappe blanche. Le chef en personne vint leur proposer les menus. André commanda de la blanquette de veau, alors que Suzanne prit un  lapin aux pruneaux. Nicole, quant à elle, se vit proposer du foie de bœuf accompagné de pommes de terre sautées. Et une limonade. Après de la mousse au chocolat, du riz au lait et des fruits de saison en dessert, ils quittèrent le restaurant. En sortant, Nicole se boucha le nez en sentant les poubelles disposées dans une petite ruelle adjacente. Suzanne, quant à elle, rayonnait, car il s’était avéré que le restaurant était très bon marché.

    Riant encore des blagues et des moments inoubliables de la journée qu’ils venaient de passer, ils regagnèrent leur voiture, une Peugeot 203 flambant neuve, arrivée en même temps que la « promotion » de son père. S’enfonçant dans la ville, dans l’obscurité, Nicole frissonna : la présence revenait. Dans le noir, quelque chose guettait, patiemment.

    Ils quittèrent la ville pour leur maison de vacances, plus en retrait dans les terres. Ses parents ne parlèrent pas, elle non plus. L’euphorie avait laissé place à un malaise. Ils avaient enduré beaucoup d’épreuves ces dernières années, et Nicole le savait. Son père les avait abandonnées à sa naissance : il n’était alors qu’un « bon à rien » comme disait sa mère, qui aurait dû les faire vivre toutes les deux, par tous les moyens. Elle pleurait souvent. Puis un jour, il revint, avec un travail important et un gros salaire. Sa mère ne lui pardonna jamais, et il ne la blâmait pas pour ça. Il disait qu’il souhaitait juste leur bonheur, et de vivre avec elles. Il lui fit de nombreux cadeaux. Nicole, à présent, avait des jouets, et allait dans une bonne école, où elle portait un uniforme.

      Arrivés à la maison - un ancien corps de ferme du siècle dernier -, ils allèrent tous se coucher. Sa mère vint la border :

    « Maintenant que papa est là, tout va mieux non ?

    — Oui, enfin, tu sais bien, il ne faut pas que tu oublies les années difficiles que l’on a passées.

    — Je sais.

    Une grande complicité lie parfois mère et fille ; ici elle était exceptionnelle.

    — Mais, est ce que j’ai le droit d’aimer papa aussi ?

    — Mais oui, bien sûr. Il t’aime et que tu l’aimes en retour, c’est normal. Pour moi ce n’est pas pareil, cela prendra du temps, mais ton père a, comment dire, n’avait pas ce qu’il fallait pour être père quand tu es née. Aujourd’hui il est là, là pour nous, et enfin nous pouvons être heureux ensemble. »

    André était à l’embrasure de la porte, et de grosses larmes coulaient sur ses joues. En le voyant, Suzanne aussi pleura. Il s’approcha et la prit dans ses bras, et bientôt tous les trois étaient enlacés, sanglotant, et au comble du bonheur pur. De celui qui n’apparaît que là où la douleur fut tellement forte qu’elle marqua profondément les êtres. Nicole reçut un gros baiser de son père ; s’en suivit un baiser plus délicat, plus léger, de la part de sa mère. Ils sortirent tout les deux, et allèrent dans leur chambre. Nicole resta seule. Puis elle eut peur des grincements de la vieille bâtisse qui, couplés à l’obscurité de sa chambre, éveillaient en elle les plus affreuses monstruosités.

    Mais elle eut également peur de la Chose, et, plus elle essayait de délivrer ses pensées, plus l’évidence revenait inéluctablement. Mais la voix de sa mère, la rassurant à chaque fois qu’elle avait peur quand elle était plus petite, se fit plus forte dans son esprit et couvrit les grincements. Heureuse, elle s’endormit.

    Passant sous la porte, de la lumière et des paroles lui arrivèrent peu à peu. Ses yeux s’ouvrirent, et alors qu’elle s’adossait au mur, elle se rendit compte de ce qui l’avait réveillée. Le vent soufflait très fort, et des bruits sourds résonnaient dans la maison. Les volets remuaient en saccades, menaçant de se casser. Elle sortit dans le couloir et y trouva ses parents. Ils étaient inquiets.

    « Nicole, viens ici chérie. Il y a une tempête, et André pense qu’elle va encore grossir.

    — Oui mais la maison est solide, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. La rassura André.

    — J’espère… ».

    À peine Nicole avait-t-elle rejoint ses parents, que les volets de sa chambre s’arrachèrent. Elles poussèrent un petit cri. André, de son côté,  entreprenait d’aller voir. Emportant cadres et rideaux, les fenêtres lâchèrent à leur tour, et la pièce était maintenant secouée au rythme des rafales. Avant que son père ne ressorte et ferme la porte, Nicole put apercevoir non pas un, mais une rangée d’éclairs. La foudre, au même titre que le vent, semblait monter en puissance à chaque seconde.

    « Nous devons partir d’ici. Prenons la voiture et partons ! cria son père, afin de se faire entendre.

    Sa mère mit quelques secondes à réagir.

    — Oui, enfin j’espère que ce n’est pas dangereux. La voiture pourrait s’envoler.

    — Je sais, mais je ne vois pas d’autre solution. »

    Ils se dirigèrent vers la porte d’entrée. Tous trois se préparèrent à affronter ce qu’il y avait dehors. Il ouvrit la porte rapidement et commençait déjà à sortir quand il leur cria de rentrer. Une fois la porte refermée, André s’y adossa et poussa un long soupir, avant de crier « Merde ! ». Nicole ne l’avait jamais entendu dire de gros mot, et Suzanne, malgré les circonstances, ne put retenir une parole de réprobation.

    « La voiture est morte. Un arbre est tombé dessus, le vieux chêne je crois. À vrai dire, tous les arbres sont tombés, comme tous les poteaux électriques. Je n’ai jamais vu ça… ».

    Les volets et la porte tremblaient, vibraient au rythme des complaintes de plus en plus fortes du vent. Pendant quelques minutes ils restèrent ainsi, regroupés dans l’entrée, perdus, sans solutions. Suzanne commença à parler, puis se ravisa. Finalement André donna la marche à suivre. C’était son instant de gloire. Ils iraient se cacher dans la cave de la grange, et attendraient la fin de la tempête là-bas. Seulement la grange était à une centaine de mètres de la maison et il allait falloir traverser. Cette tempête, si au moins cela en était une, était la plus forte qu’ils aient jamais vue.

    Ils rassemblèrent des provisions dans la salle à manger, prirent quelques couvertures et André se saisit de la lampe torche, une magnifique lampe à pile en laiton, qu’il avait acheté un bon paquet. Suzanne avait jugé la dépense insensée à l’époque. À présent, c’était peut être ce qui leur permettrait de survivre à l’extérieur. Au moment où ils allaient sortir, un autre volet fut arraché et le vent emporta toute la cuisine, comme dans un avion dépressurisé. Ils se serrèrent tous les trois, nouèrent une corde entre eux comme font les alpinistes. André mènerait la marche, suivi de Nicole qui avait pris conscience de la gravité de la situation, et enfin Suzanne fermerait la file. Son visage était démuni de toute expression.

    « Allez ! »

    Ils sortirent rapidement. Commençant d’abord par courir, ils durent ensuite se contenter d’avancer en marchant. Il faisait noir, et le vent était si fort. Ils luttaient comme face au courant d’un torrent. Promenant sa lampe, André ne perçut tout d’abord rien. Puis la lumière perça un peu les bourrasques - on aurait dit de la fumée, voire de l’écume noire -, et ils distinguèrent la grange. Tout d’un coup, une rangée de trois éclairs fendit le ciel et illumina la campagne. Partout aux alentours, le souffle de la tempête avait arraché ce qui dépassait du sol. Mais surtout, quand ils levèrent les yeux, ce fut le ciel lui-même qui les subjugua. Il y avait des reflets rouges, d’or et de pourpre autour des nuages. Ceux ci progressaient rapidement et s’égrenaient comme l’écume sur la plage, quand elle est soufflée par le vent. Nicole crut voir des formes, d’innombrables formes, gesticuler dans la campagne, rasant le sol. Elles lui rappelèrent la Chose, ici accompagnée de ses semblables. Elle détourna son regard, ferma les yeux et serra plus fort la main de son père.

    Ils s’arrêtèrent, puis l’obscurité revint instantanément, suivie d’une bourrasque de vent. Suzanne vacilla et tomba sur le côté. Les couvertures qu’elle portait s’envolèrent et disparurent dans l’obscurité. André la releva et ils marchèrent jusqu’à la grange. Il y faisait chaud et il y avait des trous dans les murs. Le vent y aspirait l’air de l’intérieur, des bourdonnements emplissaient la grande grange. André alluma une lampe à huile posée sur une petite étagère. Les murs, étrangement, ne tremblaient pas.

    Ils se regardèrent, Nicole se demanda ce que pouvait bien être cette cendre dont ils étaient recouverts. On aurait dit de fines feuilles carbonisées. André se secoua et certaines tombèrent, alors que la plupart devenaient poussière. Nicole en ramassa  une : ce n’était pas  une feuille d’arbre, ni rien qu’elle savait reconnaître. Sa mère la tapota un peu partout afin d’enlever toutes les « feuilles ». Son visage exprimait du dégoût mais elle essayait de le cacher.

    André avait ouvert la lourde trappe en fer de la cave. Cette entrée se trouvait au milieu de la grange, c’était assez spécial maintenant qu’elle y pensait. Les murs se mirent peu à peu à trembler, la porte battait avec de grands bruits. La tempête augmentait encore. Ils descendirent tous les trois par l’escalier en pierres. La cave était simple, avec, au fond, quelques bouteilles de vin sans valeur. Mais on y entendait beaucoup moins la tempête, juste un bruit lourd, puissant, en fond.

    « Mon Dieu, qu’est ce qui se passe… C’est effrayant non ?

    Suzanne était littéralement apeurée, elle caressait nerveusement les bras de sa fille. André était dressé, inquiet.

    — J’ignore ce que c’est, mais cette tempête est littéralement énorme. Qui sait, peut être est-ce une bombe nucléaire. Je n’en sais rien, enfin… Nous sommes à l’abri ici.

    — Oui je pense aussi, j’espère en tous cas. Viens, serrons nous tous ensemble. »

    Ils s’enlacèrent, mais, - ils le savaient -, c’était la dernière fois. Nicole pleurait ; ses larmes n’étaient pas salées, elles étaient amères. André l’embrassa, il pleurait aussi. Elle lui dit qu’elle l’aimait. Suzanne aussi, l’embrassa, sur l’autre joue.

    « On va tenir, on va tenir, ça va aller ma chérie.

    — Mince, on a oublié les conserves en haut, il faut y retourner. Dieu seul sait combien cela va durer.

    — Je t’accompagne » dit Suzanne.

    André faillit refuser, puis il la prit par la main, et tous deux montèrent l’escalier de pierres. Nicole, assise sur le sol glacé, cria :

    « Je vous aime, papa, maman, je vous aime, je vous aimerai toujours !

    Ses parents se retournèrent, souriant d’amour.

    — Nous t’aimons aussi mon cœur, et cela à jamais.

    — Ne t’inquiète pas Nicole, tout va bien se passer. À tout à l’heure, mon amour. »

    Ils s’éloignèrent, puis refermèrent la porte. Nicole était seule dans l’obscurité. Un immense vacarme se déchaîna en haut, elle avait toujours les yeux rivés sur la trappe. Le bruit fut tel qu’elle ne put s’empêcher de trembler. Le silence revint, plus profond, un silence total. Des grattements sur la porte, quelques uns d’abord, puis beaucoup plus nombreux, résonnaient dans la cave silencieuse. Elle attendit, un peu, elle continua de regarder, de fixer la trappe.

    Elle n’avait plus peur.

     

      Emplissant la salle de séjour, les feux rougeoyants de l’ambulance tournaient en rythme. Le jeune infirmier était assis en face d’André dans la salle à manger. André tenait une tasse remplie de café, il avait le regard posé sur la cafetière, elle-même posée à côté de l’évier. Ecrivant sur une feuille, l’infirmier leva enfin la tête.

    « Vous voulez bien m’expliquer ce qu’il s’est passé. Si vous pouviez me raconter dans l’ordre chronologique.

    — Oui, enfin je vous l’ai déjà dit…

    — S’il vous plait, je sais c’est diffic…

    — Nous sommes rentrés hier, nous avions passé une merveilleuse journée. Nous avions mangé au restaurant… Mon Dieu ce que je regrette, Suzanne avait raison. Elle a toujours eu raison… Bref, nous nous sommes couchés, nous avons bordé Nicole. Elle était heureuse comme tout de nous voir une famille de nouveau, vous voyez. À deux heures, ma femme me réveille. Nicole avait été malade, elle avait beaucoup vomi. Un vomissement normal au début, vous voyez, puis du sang, beaucoup de sang. Ça ne s’arrêtait pas. J’ai décidé d’appeler l’hôpital à deux heures et demi. Ça n’a pas été facile d’ailleurs, il a fallu que j’aille en voiture jusque chez les Baunes, qui eux ont le téléphone. Elle avait déjà vomi plusieurs fois, mais quand je suis revenu, elle semblait s’être rendormie. Suzanne et moi étions autour d’elle. Elle s’agitait beaucoup, j’ignore si c’était un mauvais rêve, mais, mon Dieu, j’aimerais tellement être moi-même en train de rêver… c’est un cauchemar non ?

    L’infirmier le regardait avec compassion.

    Enfin, vers trois heures, elle s’est réveillée. Nous l’avons prise dans nos bras et l’avons rassurée comme nous pouvions. Elle nous a dit qu’elle nous… qu’elle nous aimait et puis elle a fermé les yeux. Elle est morte dans nos bras, ce n’est pas humain ça,… non ce n’est pas humain. »

     

    André plongea sa tête dans ses mains, faisant tomber la tasse. Il sanglotait doucement. Suzanne, allongée sur le canapé, poussa un cri de douleur en voyant l’ombre du brancard, et du petit corps posé dessus, balayer la fenêtre. L’infirmier écrivit encore quelques lignes, puis sortit en pressant au passage l’épaule d’André. Le silence régnait de nouveau, les arbres se balançaient lentement dans l’aube. L’ambulance contourna le vieux chêne, et disparut à l’horizon.

     

    Nicole avait traversé.

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